A partir de ce moment, tout est assez confus. Il faut retenir simplement que mon état passionné
c’était progressivement amplifié en quelque chose « d’obsessionnel ». Cela me travaillais tellement que je me réveillais spontanément vers 4 ou 5h00 pour me remettre à réfléchir et
impossible de me rendormir.
Ce qui se passait en moi est difficile à décrire mais de façon imagée c’était comme si quelque chose ou quelqu’un voulait entrer en contact et
cela me secouait de l’intérieur. Ce n’était pas « toc, toc, toc » qu’on entendait frapper à la porte mais plutôt « VLAM, VLAM,
VLAM » !!! Tout mon être vibrait de l’intérieur de façon un peut violente à mon gout. Et cela en permanence : pas de répit.
Je ne savais plus quoi penser : pur délire ? Ou réalité. En fait j’avais peur. Peur que ce soit lui. Peur de cet inconnu et surtout
peur de ce qu’il pourrait me demander : Quelque chose du genre « biblique » et de très, très impressionnant, comme je l’avais vu dans certains films !!
Ca doit être à ce moment là que je suis retourné à la messe car je prenais enfin conscience que quelque chose de hors norme était en train de
se produire et enfin je m’étais décidé à en parler au Curé tout simplement pour obtenir sa version des faits et pour qu’il m’aide à comprendre :
De toute façon je réalisais que je n’avais plus vraiment le choix. A la fin de la messe je pu intercepter son « assistant » je réussi à obtenir un rendez-vous pour le lendemain soir. Ca
a été difficile car j’avais vraiment des difficultés à parler : le simple fait d’effleurer le sujet ou d’y faire allusion provoquait en moi une montée de sanglots que j’avais le plus grand
mal à contrôler.
Le lendemain se passa et le soir arriva : le Curé m’accueilli sur le pas de sa porte et me fit entrer dans le couloir : je
balbutiais deux ou trois mots…Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu’il fallait qu’on s’assoit. Je n’arrivais plus à aligner deux mots si bien qu’il me fit écrire mon nom, mon âge et
mon adresse sans quoi il n’aurait pas put le savoir. Les sanglots arrivaient par vagues et ce qui devait arriver arriva : je craquais la tête entre mes mains…pauvre Curé, je lui fais
vivre un moment désagréable. Ca m’a un peu soulagé et on put enfin parler de choses et d’autres. Mais je n’avais pas eu le courage de lui dire réellement ce que je pensais qui m’arrivait de peur
de passer pour un fou.
Le lendemain est le jour où j’ai commencé à écrire cette lettre. Cette matinée ne me laissait pas non plus de répit. J’avais l’impression de
me diriger vers une impasse. Est ce que c’est lui ? Est ce que c’est ma tête qui s’emballe toute seule ? Je ne sais plus quoi penser. Cela fait plusieurs jours que mes yeux sont
larmoyants en permanence, maintenant il n’y a plus de larmes car je n’en ai plus assez. La fatigue c’est accumulée du fait de certaines insomnies à réfléchir à ce qui m’arrivait. Estomac noué,
respiration difficile, répression quasi permanente de sanglots. Je commence à éprouver des difficultés pour travailler car à peut près 70% de ma tête est occupée par tout ça. Cependant je
n’éprouve pas de souffrance, juste un gros, gros malaise.
C’est à cause du paragraphe suivant que je souhaitais, à l’origine, rester dans l’anonymat. Mais je ne peux raisonnablement pas cacher quoique
ce soit : c’est trop important pour les autres.
Je bois un café et ça me réveille. Peut-être même un peu trop et je commence à
avoir envie d’aller faire un tour du côté des sites pornographiques…Je m’interpelle alors immédiatement en moi : Comment peux-tu penser à aller sur ce site en ce moment !!! Comment
oses-tu !!!
Et pourtant l’envie était bien là et bien ancrée : je réfléchis : Soit je vais sur ce site dans ce contexte et j’endosse une
multitude de remords. Soit je me maitrise mais je dois me satisfaire d’une religiosité qui m’impose des contraintes. Je préférais alors les remords plutôt qu’une religiosité dans laquelle une
partie de moi ne pouvait entrer. C’est donc avec mille remords que je me soulageais.
L’instant d’après allait mettre fin à la première partie de cet épisode. Lorsque mes hormones se sont tues et que je me trouvais un peu
apaisé, je réalisais subitement ma première vérité :
C’est la nature même de l’homme charnel qui rend l’homme spirituel si faible et si
fragile. (voir note
h)
Les milles remords viennent de s’envoler. (voir note k)
Je réalisais à quel point la nature même de mon être que je croyais solide et triomphante dans la vie était en fait douce et fragile :
humaine.
Je me senti nu comme une tortue qui vient de perdre sa carapace.
De cette première vérité et grâce à la paix qui s’installait, allait découler tout naturellement
la suite.
Je réalisais dans la foulée que je venais d’assister à mon premier cours et que c’est LUI qui l’orchestrait : il m’avait sciemment mis
face à ce choix dans mon état quasi dépressif et il savait exactement où cela me mènerait dans mes déductions.
Ceci amenant cela, je réalisais qu’il me connaissait bien mieux que je ne me connaissais. Je réalisais qu’il me connaissait
PARFAITEMENT.
Ainsi la peur qu’il me demande de faire quelque chose dont je ne me sente pas capable venait
aussi de s’effacer car il venait de me monter que j’étais faible et fragile et surtout qu’il le savait déjà et que par conséquent il savait exactement de quoi je suis capable et de quoi je ne
suis pas capable : je ne devais donc plus avoir peur de lui.
La matinée se termina et l’après midi commença : un tout aussi étrange et inoubliable après-midi.